
J’ai des rêves ineffables, ineffables par leur irréalisme, par leur extravagance et par le fait que je ne sois pas sûre d’y parvenir, autant par la volonté que par les capacités qu’il faut avoir. C’est étrange de se croire à côté de sa vie, marcher parallèle à soi, à côté de soi, ou comment dire, avoir l’impression de ne jamais être à sa place. Se sentir loin de tout, loin de soi, loin des autres, loin de ses choix. Ou encore vivre par intermittence, perdre patience et vouloir tout lancer et jeter autour de soi.
J’aimerais craquer, parfois je me sens au bord du gouffre, le mal-être dans l’ estomac, l’envie de vomir qui arrive et le sentiment de ne rien contrôler. C’est dingue comme je peux être consciente de parfois perdre pied et d’avoir peur de ne plus réussir à me contrôler et de me laisser envahir par cette vague d’angoisse qui brûle en moi. Comme voir l’ombre arriver et perdre l’équilibre sur ce fil tendu avec d’un côté la raison et de l’autre le vide, la dépression… On est tous sur la corde raide. Nos vies deviennent difficiles. Entre des éléments tellement réels et difficiles qui nous pourrissent la vie et déchiquetant nos idéaux: inflation des prix, travail manquant, élitisme au niveau des études et des compétences, chances qui s’estompent de plus en plus, besoin de pistons, besoin d’argent pour les études, manque de bourses, peur de louper, peur de se tromper dans les études. Et on ne parle même pas des aléas de la vie comme: les accidents quotidiens, les sentiments quels qu’ils soient: amour, amitié, jalousie, famille, autres… La vie, aussi dure qu’elle est en réalité.
On a deux manières de la percevoir: soit on l’affronte de plein fouet en se lançant à corps perdus dans tout ce qu’elle nous envoie en pleine face en acceptant le fait que parfois on ne contrôle absolument rien, soit se cacher, se voiler la face, perdre toute humanité et tout espoir et se laisser languir, comateux, et se laisser porter tant par le système que par la vie sans réagir, sans même espérer. Parfois j’oscille entre ces deux systèmes. Avant j’adhérais totalement au premier, celui qui consiste à tout prendre de plein fouet sans avoir peur. Car avant je parvenais à toujours tout contrôler dans ma vie, sauf les sentiments, mais tout de même, j’avais l’emprise sur ma vie, sur ce que je pouvais devenir. Mais là, parfois je me demande quel est le vrai enjeu, quelle est la vraie raison de notre présence, et s’il y a une réelle raison à cela. Je me demande aussi ce que je veux faire de la vie qui m’est offerte, ce que je sohhaite en tirer, ce que j’espère démontrer et marquer de ma main. Mais il y a des questions qui restent en suspens, qui restent au dessus du vide et d’autres qui s’écrasent et explosent en tombant.
Nous sommes tous des funambules. Après soit nous l’acceptons, soit nous le changeons.






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